
Le lecteur assidu du plus grand dénonciateur du XIXème de la bêtise humaine que fut Gustave Flaubert se souvient des tables
dressées de la Maison d'or au fil des pages de 'L'Education Sentimentale', du bal où Emma Bovary se découvre une passion pour ce qu'elle n'a pas, des banquets
orgiaques de 'Salammbô'... Il y a chez Flaubert maintes occasions d'apprécier les traditions culinaires de nos contrées : on découvre alors en ce génie littéraire une fine bouche, toujours prête
à découvrir de nouvelles saveurs et de nouveaux horizons gustatifs. Mais ce superbe livre tout en images allie beauté esthétique, intérêt historico-littéraire et recettes de
cuisine. En effet, à mesure que Gonzague Saint-Bris nous dévoile le parcours gastronomique de l'auteur de 'Bouvard et Pécuchet', nous découvrons des recettes d'une grande originalité qui ne
couvrent pas que le terroir normand cher au Rouennais. Une belle et intelligente façon de se cultiver en se régalant, ou comment allier les deux plaisirs essentiels de l'être humain.
Des banquets de Salammbô aux soupers intimes avec Louise
Colet, une éducation gourmande alliée à toutes les saveurs de l'esprit. Gonzague de St Bris sur les pas de Gustave Flaubert nous donne l'occasion de découvrir ce jouisseur impénitent, et de partager quelque soixante recettes du XIXe siècle, revues par Eric Franchon, célèbre chef étoilé du palace parisien Le Bristol.
C'est dans une famille trés bourgeoise que naît en 1821 Gustave Flaubert en Normandie, le père est chirurgien en chef de l'hôpital - Dieu de Rouen, le ménage est aisé ce qui va permettre à son fils cadet de vivre sans travailler.
C'est pourquoi, à table le famille abandonne au peuple le pain de ménage fait tous les diou douze jours, le lard bouilli avec des pommes de terre ou des choux, les bas morceaux de boeuf, et les trop paysans râgouts de lapin, voire la bouillie de blé noir détrempée avec du gros lait écrémé qui constitue encore l'essentiel de l'ordinaire des plus pauvres se plaignant ainsi de cette misère d'un proverbe bien connu: " ventre plein de bouillie ne dure qu'une heure et demie.
Les Flaubert, en conséquence, consomment ainsi les plus relevées rouelles de veau à la casserole, les poulets gras ou les oies aux pruneaux, le canard au sang, les poules à la sauce blanche, l'andouille de Vire, appréciée depuis un siècle déjà, la sole normande inventée par le grand Maître Carême, ainsi que les incontournables tripes à la mode de Caen et les meilleures pièces de ce boeuf incomparable qui, du pays de Bray au Contentin, se nourrit de la richesse des herbages humides, ou des ces agneaux qui, eux broutent les prés salés par la mer leur donnant cette saveur si particulières, viandes préférees de la bourgeoisie du temps qui, en règle générale, ne prise guère le porc.suite au prochain numéro???
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